Acceuil : les énergies renouvelables dans l'habitat

Chauffage au bois

  1. Le bois : une source d’énergie renouvelable et écologique
    1. Une source d’énergie renouvelable
    2. Le bois est une énergie renouvelable car la forêt se reconstitue, sur une durée allant de 5 à 200 ans, essentiellement à partir de graines produites par les arbres et grâce à la bonne gestion des forestiers. Cette ressource énergétique se renouvelle environ un million de fois plus vite que les énergies fossiles comme le charbon ou le pétrole.

      Si sa gestion est raisonnable, on peut à la fois assurer le renouvellement de la forêt et satisfaire le besoin des hommes : chaque année, en France, la récolte annuelle de bois (52 millions de m3 en 2003) est inférieure à la production biologique de la forêt (125 millions de m3). En pérennisant cette gestion raisonnée, il est tout à fait logique de considérer le bois comme une source d’énergie renouvelable.

    3. Un bilan en émissions de CO2 très favorable
    4. Le bilan de la combustion du bois en elle-même est sans conséquence sur les émissions nationales de CO2.
      Lors de sa combustion ou en fin de vie lors de sa décomposition, le bois rejette dans l’atmosphère du CO2, Durant leur croissance, les arbres utilisent le CO2 et le transforment en bois (matière ligneuse). Ainsi le CO2 émis par la combustion du bois ne contribue pas à l’augmentation de l’effet de serre.

      …mais il faut tenir compte des autres étapes de production du combustible et de fonctionnement de la chaudière.
      Une analyse du cycle de vie du combustible bois montre que les étapes consommatrices d'énergie ou émettrices de gaz à effet de serre sont le broyage et le déchiquetage des combustibles. Cette consommation d’énergie est faible par rapport à l’énergie produite (de 6% pour produire des plaquettes à 15 % pour la production de granulés).

      Comparaison avec les autres sources d’énergie :

      Mode de chauffage en France Bûches Granulés Plaquettes Électricité Fioul Gaz
      gCO2 émis par kWh utile 40 33 33 180 466 222
      kWh d’énergie non renouvelable consommé pour 1 KWh utile 0,08 0,18 0,07 3,03 1,45 1,21

      Sur l’ensemble de son cycle de vie (du bois en forêt à la génération de cendres et à la distribution de chaleur utile), le bois source d’énergie possède des avantages environnementaux et énergétiques indéniables en termes d’émission de CO2 et d’utilisation d’énergies non-renouvelables nécessaires à la production du combustible, à son transport, etc...

    5. Une source d’énergie désormais peu polluante
    6. La combustion du bois demeurait jusqu'à il y a une dizaine d’années, un procédé polluant car jusqu’alors mal maîtrisé. En effet, le bois étant une source d’énergie brute, composée d'éléments complexes non-raffinés (présence d’éléments divers sous forme de traces : métaux, chlore…), sa combustion peut engendrer des émissions polluantes (poussières et imbrûlés gazeux) lorsqu’elle s’effectue mal, c’est-à-dire lorsque le bois utilisé est impropre à la combustion (humide, sale) ou lorsque l’ appareil utilisé est peu performant ou vétuste (cheminée à foyer ouvert, ...).

      Cependant, la pollution engendrée par la combustion du bois s’estompe au fur et à mesure que la qualité des équipements utilisés progresse, en particulier si l’on utilise des appareils récents (après 2000) labellisés « Flamme verte». L’utilisation d’un bois propre et sec (humidité < 20%), suivant les critères de la marque « NF Bois de chauffage» permet également de limiter les pollutions.

    7. L’utilisation du bois préserve la forêt
    8. En France, l’utilisation du bois comme source d’énergie participe plutôt à l’entretien de la forêt : c’est un sous-produit de l’exploitation forestière. En effet, s’ils ne sont pas utilisés, les rémanents (branches issues de l'abattage des arbres) sont de toute façon évacués ou brûlés sur place pour effectuer des travaux de sylviculture qui contribuent à la régénération et à la préservation des forêts. Dans les zones sensibles, un entretien régulier permet aussi de mieux maîtriser les risques d’incendie.

      Forêt de France

      En France, grâce à une exploitation raisonnée et durable, la forêt se porte bien. En deux siècles, la superficie occupée par les espaces boisés a presque doublé. La forêt française, qui couvre aujourd’hui 15 millions d’hectares, est en pleine croissance (+10 % par an environ).

  2. Différents types d’installations possibles
    1. Inserts, foyers fermés et poêles
    2. Plusieurs types d’équipements de chauffage au bois sont possibles selon que l’habitation possède déjà un emplacement et un conduit de cheminée et selon l’utilisation que l’on veut en faire. Le chauffage au bois peut en effet parfois être utilisé comme chauffage d’appoint donc combiné avec un autre type de chauffage (une pompe à chaleur par exemple), on optera donc plutôt pour un insert, un foyer fermé ou un poêle, qui ont un rendement moindre (jusqu’à 60%), mais qui ont l’avantage d’être esthétiques et moins coûteux.

      Installation d'un insert

       

       


      Installation d’un insert :
      Le conduit et l’emplacement de la cheminée sont libres, il suffit d’y placer l’insert.

       
      Installation d'un foyer

       

       


      Installation d’un foyer :
      Un simple conduit de cheminée est suffisant.

       
    3. Les chaudières à bois
    4. Par contre, si le bois est utilisé comme chauffage central, il est préférable d’opter pour les chaudières à bois qui sont très performantes (rendements allant jusqu’à 85%) et qui ont une autonomie de plusieurs jours.
      Plusieurs types de modèles ont vu le jour ces dernières années, et les progrès techniques réalisés sont significatifs. C’est un marché en pleine expansion, les ventes de chaudières à bois ont quadruplé entre 2004 et 2006.

      Il existe 3 types de chaudières à tirage naturel :

        Chaudière à combustion montante

         

         

         

         

      1. Les chaudières à combustion montante :
      2. Elles sont simples mais de qualité médiocre. Le combustible est empilé sur la grille (la « sole ») du foyer. Toute la charge s’enflamme simultanément et la combustion est difficile à maîtriser, en général de médiocre qualité et incomplète.

         
        Chaudières à combustion horizontale

         

         

         

         

      3. Les chaudières à combustion horizontale :
      4. Elles réduisent le taux d’imbrûlés. Les phases de combustion et de séchage sont dissociées et la combustion a lieu en couches minces. Les arrivées d’air primaire et secondaire sont mieux contrôlées, donc la combustion est améliorée et le taux d’imbrûlés diminue.

         
        Chaudières à combustion inversée

         

         

         

      5. Les chaudières à combustion inversée :
      6. Elles offrent une bonne qualité de combustion. Les flammes se développent au travers de la grille, support du combustible, ou au travers d’une tuyère. Les entrées d’air primaire et secondaire sont distinctes, ce qui améliore encore la qualité de la combustion.

         

      Après la combustion primaire du bois, les fumées ont encore un potentiel énergétique important.
      Un nouvel apport d'air dans le foyer permet de réenflammer les gaz imbrûlés. Le rendement est amélioré et la pollution réduite.
      Les flammes qu'on voit naître spontanément au-dessus du feu sont le résultat de cette combustion secondaire.

      Depuis peu, de nouveaux modèles dotés d’un système de tirage forcé sont apparus sur le marché :

      Chaudières « turbo »

       

       

       

      Les chaudières « turbo » :

      Elles sont les plus récentes. Elles perfectionnent les chaudières à combustion inversée. Elles sont équipées d’une turbine qui introduit l’air de combustion ou d’un extracteur qui aspire les fumées. Elles offrent un meilleur rendement.

       
  3. Différentes formes de bois combustible
  4. Aujourd’hui, la majorité des installations de chauffage à bois utilisent des bûches comme combustible mais le bois de chauffage peut se présenter sous d’autres formes souvent plus performantes, qui sont utilisées dans les chaudières automatiques :
    - les plaquettes forestières : bois déchiqueté directement issu de l’exploitation forestière ou bocagère.
    - les granulés, produits à partir des sous-produits de l’industrie du bois (sciures compressées).

    Avantages et inconvénients des 3 formes de bois combustible disponibles aujourd’hui :

    De la production artisanale des bûches à l’industrie du granulé :
    Les 3 formes de bois combustibles répondent également à 3 logiques de production différentes. Tandis que la bûche peut être produite par le particulier lui-même, la production de plaquettes forestières ou des granulés implique l’apparition et la structuration de sociétés de production et de fourniture du bois. Les plaquettes forestières nécessitent au minimum une mécanisation pour le déchiquetage du bois et un stockage, ce qui représente un investissement lourd. La fourniture de granulé met en œuvre de véritables procédés industriels.

  5. Une installation économique et nécessitant peu d’entretien
    1. Une solution économique
    2. Avec l’évolution du prix du baril, l’utilisation du bois est devenue intéressante pour assurer une partie du chauffage d’une maison, en particulier quand l’énergie principale est le fioul ou l’électricité.

      Les prix du kWh des principales sources d’énergie en mars 2006 :
      • Gaz naturel : 4,04 ct€/kWh
      • Fioul (moyenne) : 6,628 ct€/kWh
      • Électricité : 10,57 ct€/kWh
      • Bûche (50€/stère) : 3,23 ct€/kWh
      Le bois est donc clairement une source d’énergie bon marché. À cela s’ajoutent des coûts d’installation et d’entretien raisonnables comme le montre le tableau suivant :

      Quelques coûts indicatifs :

      Bois Stère de bois en bûches
      (achat auprès d'un distributeur patenté)
      env. 30 à 80 €
        Le prix varie selon les régions, le conditionnement, l'essence et l'humidité.
       Appareils
      Insert,
      foyer fermé
      750 € à 2 300 €
      Poêle à bûches
      acier/fonte
      600 € à 1 200 €
      Poêle à bûches
      fonte/réfractaire
      1 200 € à 2 300 €
      Chaudière
      à bûches
      1 500 € à 4 500 €
      Chaudière
      à plaquettes
      4 500 € à 12 200 €
      Installation
      de 500 € à plus de 1 500 €
      Le coût d'installation varie de quelques milliers de francs à plus de dix mille francs selon l'habillage que l'on désire (pour un foyer fermé), l'état de la cheminée (pour un insert), les difficultés de raccordement au conduit de fumée, etc.
      Entretien Ramonage
      env. 45 €

      Depuis 2006, des aides financières sont disponibles pour favoriser l’installation de nouvelles machines : un crédit d’impôt de 50%, un taux de TVA réduit et une aide de l’ANAH (Agence Nationale pour l’Amélioration de l’Habitat).

    3. Très peu d’entretien
    4. L’entretien d’un foyer fermé, d’un insert ou d’un poêle se résume à un ramonage deux fois par an. Pour les chaudières à bois, un nettoyage complet est nécessaire à la fin de chaque saison de chauffe, en plus du ramonage.
      Mais le chauffage à bois demande surtout beaucoup de précaution lors de son utilisation, notamment concernant la qualité et l’état du bois employé. L’efficacité et la propreté de sa combustion dépendent pleinement de ces deux paramètres, une attention particulière doit donc y être apportée. Le stockage du bois doit également se faire dans des conditions très précises (dans un endroit aéré mais protégé des intempéries).

  6. Une solution d’avenir et polyvalente